Livre comme l’air – le roman

Le 1er roman 100% participatif.

A la fin du chapitre c’est vous qui décidez de la suite à donner à cette aventure. Chaque mercredi un nouveau chapitre vous sera offert.

Participez, partagez et réagissez, je me réjouis de vivre cette histoire avec vous. 

Cédric T

 

Chapitre 40 – Le verdict final

 

Je ne demanderai pas mieux que de vous laisser le choix dans cette histoire. Vous savez, on commence par se connaître, à force de se fréquenter. Malheureusement, on ne peut pas tout choisir dans la vie. Parfois, il nous arrive des saloperies et on n’y peut rien. Alors évidemment, la plupart du temps, on est le premier responsable des tuiles qui nous tombent dessus, mais d’autres fois, on ne peut que regarder les nuages s’accumuler et attendre la pluie. Je ne parle même pas de se faire foudroyer. Parce qu’il ne faut pas croire ça arrive aussi et pas qu’à d’autres. Chaque année, une centaine de personnes se fait traverser le corps d’un éclair mortel. Cent millions de volts, bam ! Grillé jusqu’au tréfonds des organes. Remarquez ce n’est peut-être pas la plus vilaine des manières de mourir. Dans le genre expéditif, on est sur le podium.

 

Mais c’est comme ça et pas autrement. On ne choisit pas toujours tout dans la vie. Joseph Poisson SA a été condamné. Pas de recours possible, ni d’objection et encore moins de grâce présidentielle. Ce n’est pas Noel. Au fond les éléments retenus contre lui sont assez évidents, il a failli dans sa quête à devenir un écrivain, point barre. Et comme toute société qui faillis, quel que soit son anonymat, le monde des affaires est impitoyable, c’est la liquidation. Le fonctionnement est assez simple et suit une logique coulée dans le bronze d’une loi implacable : inventaire, appel aux créanciers, administration de la masse, état de collocation, liquidation et clôture.

 

Alors voilà, c’est ainsi que cette histoire s’achève, avec un homme qui se croyait écrivain et qui n’était que révolutionnaire. On aurait tous voulu que ceci se termine autrement, un peu comme la finale de la coupe du monde 1994. Les images s’effacent, ne restent que les regrets. Le monde continue sa route, avec ses montées, ses descentes, ses démarrages en côte, ses calages, ses embouteillages, ses carambolages, ses giratoires, ses excès de vitesse, ses aires d’autoroute on l’on essaie de se reposer, ses nids de poules qui usent les pneus, ses passages éclairés et les sombres aussi. Bref, la vie qui roule pour tout le monde jusqu’au jour où elle ne roule tout simplement plus. On cherche des héros, des gens qui sortent du lot, mais il n’y en a pas, en tout cas pas ceux qu’on aimerait. Ce n’est pas un film de la collection des Marvel. Ici pas de capitain America, de Thor, de Flash ou de Wonder Woman avec son magnifique décolleté hypercompressé. On est plutôt dans un Godard, vous voyez le genre ? Tout le monde attend, mais personne ne voit rien venir. Soudain, on se dit : ça y est, maintenant, c’est le bon moment, ça va donner le tour….Et puis non, finalement rien, rien du tout. Retour à la case départ, mais en fait on a encore perdu un tour, sans s’en rendre compte. On recule chaque fois qu’on essaye d’avancer. Chaque jour un peu plus. Alors certains cons vous diront : c’était mieux avant. Ce n’est pas impossible, les cons n’ont pas toujours tort, il faudrait être très con de croire le contraire.

 

Je suis Quincy Nadoolman. J’ai bien connu Joseph Poisson. Sa vie était extraordinaire, mais elle avait surtout le don de nous faire croire que la nôtre pouvait l’être aussi. L’espace d’un très court instant, fugace comme un clin d’œil comme l’impact d’un moustique sur le pare-brise. Après plus rien, juste un coup d’essuie-glace, à peine quelques traces qui s’effaceront avec le temps.

 

Après vous n’êtes pas obligé de me croire sur parole. Vous pouvez avoir votre propre avis. Chacun pense comme il le veut. Moi aussi, j’aime les choses positives, les “happy ending” comme on dit. Je sais que c’est rageant de se voir imposer une fin à toute chose. Il n’y a que pour l’univers que la question ne se pose pas. Et encore, on trouvera toujours quelques “pisse-assis” pour vous faire des calculs sur les probabilités et les hypothèse d’une finitude de l’espace et du temps. Moi, je ne demande qu’à avoir voix au chapitre, car quitte à choisir autant tout prendre. Ça ouvre des perspectives beaucoup plus larges. Ça arrondit les angles. Vous savez tous les cercles ne sont pas vicieux, il ne faut pas croire. Je ne suis pas un adepte de l’ultracrepidarianisme. Pour moi les avis bien tranchés, c’est comme le salami, plus ils sont tranchés fins, meilleurs ils sont.

 

S’il n’avait tenu qu’à moi, je peux vous garantir que Crise, la belle Crise dont Joseph s’était entiché comme un adolescent, aurait fait son grand retour. Dotée des incommensurables fonds de son mystérieux père disparu, elle aurait fait un retour totalement inopiné. À la toute dernière minute de ce livre, quand plus personne ne s’y attendait. Crise aurait fait, contre toute attente une OPA aussi inamicale que soudaine, sur Joseph Poisson SA. Ça s’appelle un coup de théâtre. Un prix imbattable, hors de toutes cotations boursières. Histoire de s’assurer une part majoritaire sur le capital de Joseph.

 

Voilà une belle fin, quand on y pense. Je dois reconnaître ça aurait de la gueule, non ? Ça aurait été une belle histoire, de celles dont on parle dans les émissions de radio l’après-midi quand personne n’écoute ou tard le soir à la télévision quand tout le monde dort. Je vais même vous dire que cette histoire je vous l’aurais racontée moi-même, sans prendre de gants.

 

Il m’aurait fallu un début, juste trouver une accroche pour commencer à écrire !

 

Je ne dis pas que c’est simple. Non pas du tout ! Mais quand même, si vous vouliez faire un petit effort vous vous rendriez bien compte que ce n’est pas non plus la mer à boire. Tout le monde veut écrire un bouquin. Soyons honnête. Là, par exemple, à ce moment très précis, vous vous dites : tiens, ça aussi, j’aurais pu l’écrire. Ce n’est pas compliqué. Vous promettez qu’à la prochaine occasion, vous vous y mettrez. Mais l’occasion ne vient jamais.

 

Alors, ce n’est pas à moi de vous donner des conseils, au fond chacun sa place. Mais laissez-moi vous dire simplement que tout ce qu’il faut, c’est un début. Juste un truc pour commencer. Après vous déroulez comme Zizou dans les 16 mètres.

 

Ça pourrait commencer comme ça :  

 

Penché sur le rebord de sa fenêtre….

 

 

 

 

 

 

 

 

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